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12/03/2009

Bilal (Animal'z) : la patte d'Enki

animalz.jpgL’histoire sans la raconter. C’est l’histoire d’un “coup de sang”. De notre planète, qui se révolte d’un coup d’un seul pour faire payer aux hommes les maltraitances qui lui ont été imposées. Dans ce monde qui les lâche, une poignée de personnages se regroupent pour rejoindre un des eldorados qui paraît-il subsisteraient, et au sein desquels les hommes auraient commencé à se réorganiser. Dans cette course contre la nature, l’hybridation homme-animal jouera un rôle certain, car ce groupe est composé à la fois de cobayes et d’un des pères de cette science. Un thème que l’auteur continue d’ailleurs de filer depuis la foire aux immortels (les Dieux de la trilogie Nikopol) et la tetralogie du monstres (les mouches...). On ne peut qu’apprécier cette démarche qui démontre, s’il était encore nécessaire de le prouver, que Bilal a bien son univers.

animalz2.jpg

On en pense quoi. D’abord c’est beau. Très beau, mais bon, c'est Bilal, on ne s’attendait pas à moins. Après la trilogie du Monstre, il a de ses propres termes “ressenti le besoin d’un travail plus primal". Fini donc les 5 centimètres de gouache sur les planches, il s’est attaqué à cette histoire avec un papier gris et un retour au dessin au crayon gras, avec quelques rehauts aux pastels rouge ou blanche. Cette limitation des artifices graphiques, ce retour à l’essentiel du dessin sert nettement cette fable apocalyptique et écologique, en rapprochant le dessinateur d’un “état de nature” qui avait un peu disparu depuis le Sommeil du Monstre.

Image 4.pngSur la plan de l’histoire, pas de surprise, c’est du Bilal. Ca vole haut, parfois un peu artificiellement (le personnage ne s’exprimant que par citations de Nietsche et de Camus...). Le propos écolo est dans l’air du temps, mais on ne va pas lui reprocher, et l’histoire embarque suffisamment pour qu’on lise tout cela d’une traite.

Traité un peu comme un western, tout dans cette histoire respire l’urgence : l’urgence écologique, la puissance des dérèglements climatiques (les températures changent en quelques instants, les montagnes se rapprochent...), l’urgence de la survie pour les protagonistes, de chacun isolément ou du groupe,  l’urgence des dangers qu’ils affrontent... On prend l’histoire en cours, au moment ou tout va déjà mal et le rythme ne décroit pas. Il y a bien ce défaut d’Enki Bilal d’avoir une narration parfois un peu elliptique, la faute sans doute au fait de ne dessiner que 3 ou 4 cases par planches, mais on s’en accomode toujours.Image 3.png

C'est pour qui. Pour les fans de Bilal, pour les amoureux des dauphins, pour les salariés de toute l'industrie pétro-chimique et automobile, pour ceux qui ne recyclent pas, et pour ceux qui ont une carte Greenpeace.

casting. Auteur : Enki Bilal. Editeur : Casterman. Infos sur le site de l'éditeur. Prix : 18 euros.

L'interview de Bilal au sujet de cet album sur http://pointgmagazine.fr/ :

 
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