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24/03/2009

Dans mes yeux - Bastien Vivès

vives 1.jpgL'histoire sans la raconter. Bastien Vivès, c'est un peu le Michel Butor de la BD. Nous allons donc raconter Dans mes yeux à la seconde personne du pluriel.

VOUS êtes à la bibliothèque étudiante, sans doute à Beaubourg. En face de VOUS elle étudie. Elle est en fac de lettres. Sans doute à la Sorbonne. Vous vous regardez, VOUS engagez la conversation, VOUS lui plaisez, elle VOUS invite à une soirée, VOUS lui envoyez un sms, VOUS l'emmenez au cinéma... Toute l'histoire est vécue à travers les yeux d'un narrateur (VOUS) qui ne parle pas mais à qui "Elle" (on ne connaitra d'ailleurs jamais son nom, mais bon VOUS le savez...), répond. On assiste vit le début d'une relation amoureuse étudiante....

On en pense quoi. Difficile d'être dur avec Bastien Vives, primé à Angoulême en 2009 pour le très Beau Le goût du chlore, et qui a vraiment le mérite d'essayer de chambouler les codes graphiques (pastels, crayons de couleurs, rehauts d'encre...), les histoires, les processus narratifs (vue subjective, 99% des cases étant occupés par cette jolie jeune fille qui VOUS plait tant...

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Image 5.pngMais pourquoi diable mettre tant de talent au service d'autant de platitude. Vivès choisit délibérément de ne pas montrer de grands maelstorms de sentiments : pas de ruptures, pas de retrouvailles, pas de chamailleries, finalement pas d'intensité. Comme cette scène au zoo (puisque comme tout jeune couple VOUS m'emmenez au zoo) : elle trouve que les singes ressemblent aux hommes, s'émerveille des phasmes, ces insectes qui se fondent dans le décor, trouve que quand même les vautours c'est moche, mais que par contre les flamands rose c'est joli... On devine la louable intention de montrer l'émotion derrière la banalité d'une relation qui démarre. Mais Dieu qu'on s'ennuie. Au point où on finirait par vouloir la larguer cette charmante jeune fille. Et la pas sûr que ce soit le but recherché par un (encore une fois très doué) Bastien Vivés. Dommage, on aurait vraiment aimé qu'il transforme l'essai. Ce n'est pas cette fois qu'il sera le Godard de la BD.

C'est pour qui. Pour les lecteurs chez qui l'intention graphique prime sur l'intérêt de l'histoire, ou pour ceux qui disent encore "sortir avec quelqun".

Auteur : Bastien Vivès. Editeur : KSTR. Prix : 16 euros. Infos : http://www.kstrbd.com/

 

13/03/2009

Wild River (Tome 2) La captive

wildriver2.jpgL’histoire sans la raconter. Il a perdu sa femme et ses enfants, enlevés par des Indiens. Mais il a la preuve qu’ils sont encore vivants. Il veut donc absolument les retrouver, quitte à associer à la pire des espèces de mercenaires. En 1810 dans le Missouri, l’heure n’est pas encore au « politiquement correct », on brutalise, on tue et on torture pour quelques dollars. Pour Robert Frazer, un ancien de l’expédition Lewis & Clark, l’affaire n’est non seulement pas gagnée, mais très mal emmanchée.

On en pense quoi ? Plutôt bien construit, on ne s’ennuie pas, même si l’ensemble reste très classique et assez attendu.

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C’est pour qui ? Les amateurs d’histoire où il y a des « cow boys et des indiens » et où les cow boys gagnent à la fin.

Casting. Auteurs : Wagner & Seiter Editeur : Casterman. Prix : 11,50 euros. Infos : www.casterman.com

13:11 Publié dans Western | Lien permanent | Commentaires (0)

12/03/2009

Bilal (Animal'z) : la patte d'Enki

animalz.jpgL’histoire sans la raconter. C’est l’histoire d’un “coup de sang”. De notre planète, qui se révolte d’un coup d’un seul pour faire payer aux hommes les maltraitances qui lui ont été imposées. Dans ce monde qui les lâche, une poignée de personnages se regroupent pour rejoindre un des eldorados qui paraît-il subsisteraient, et au sein desquels les hommes auraient commencé à se réorganiser. Dans cette course contre la nature, l’hybridation homme-animal jouera un rôle certain, car ce groupe est composé à la fois de cobayes et d’un des pères de cette science. Un thème que l’auteur continue d’ailleurs de filer depuis la foire aux immortels (les Dieux de la trilogie Nikopol) et la tetralogie du monstres (les mouches...). On ne peut qu’apprécier cette démarche qui démontre, s’il était encore nécessaire de le prouver, que Bilal a bien son univers.

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On en pense quoi. D’abord c’est beau. Très beau, mais bon, c'est Bilal, on ne s’attendait pas à moins. Après la trilogie du Monstre, il a de ses propres termes “ressenti le besoin d’un travail plus primal". Fini donc les 5 centimètres de gouache sur les planches, il s’est attaqué à cette histoire avec un papier gris et un retour au dessin au crayon gras, avec quelques rehauts aux pastels rouge ou blanche. Cette limitation des artifices graphiques, ce retour à l’essentiel du dessin sert nettement cette fable apocalyptique et écologique, en rapprochant le dessinateur d’un “état de nature” qui avait un peu disparu depuis le Sommeil du Monstre.

Image 4.pngSur la plan de l’histoire, pas de surprise, c’est du Bilal. Ca vole haut, parfois un peu artificiellement (le personnage ne s’exprimant que par citations de Nietsche et de Camus...). Le propos écolo est dans l’air du temps, mais on ne va pas lui reprocher, et l’histoire embarque suffisamment pour qu’on lise tout cela d’une traite.

Traité un peu comme un western, tout dans cette histoire respire l’urgence : l’urgence écologique, la puissance des dérèglements climatiques (les températures changent en quelques instants, les montagnes se rapprochent...), l’urgence de la survie pour les protagonistes, de chacun isolément ou du groupe,  l’urgence des dangers qu’ils affrontent... On prend l’histoire en cours, au moment ou tout va déjà mal et le rythme ne décroit pas. Il y a bien ce défaut d’Enki Bilal d’avoir une narration parfois un peu elliptique, la faute sans doute au fait de ne dessiner que 3 ou 4 cases par planches, mais on s’en accomode toujours.Image 3.png

C'est pour qui. Pour les fans de Bilal, pour les amoureux des dauphins, pour les salariés de toute l'industrie pétro-chimique et automobile, pour ceux qui ne recyclent pas, et pour ceux qui ont une carte Greenpeace.

casting. Auteur : Enki Bilal. Editeur : Casterman. Infos sur le site de l'éditeur. Prix : 18 euros.

L'interview de Bilal au sujet de cet album sur http://pointgmagazine.fr/ :

Reality Show (Tome 5) Total audimat

audimat.jpgL’histoire sans la raconter. Pris dans un vaste jeu de reality show mêlant aventures intimes et grand spectacle violent, la jeune Oshii tente, vaille que vaille, de sortir indemne du plan machiavélique du patron de Médiacop, la chaîne de télé qui profite du crime. Pas facile pour elle et son partenaire TV Baron (le super flic) dans ce contexte de surenchère permanente.  D’ailleurs un casque spécial « Reality Show » permet désormais au téléspectateur de ressentir les émotions des personnages. Scènes de torture incluses.

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On en pense quoi ? La série était bien, mais elle touche à sa fin. D’ailleurs ça se sent un peu.

C’est pour qui ? Les lecteurs des quatre premiers tomes, ce serait dommage de ne pas connaître le mot de la fin.

Casting. Auteurs : J.D. Morvan & Francis Porcel. Editeur : Dargaud. Infos : www.dargaud.fr Prix : 13,50 euros.

12:15 Publié dans Dure réalité | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : dargaud, morvan

10/03/2009

Endurance

endu.jpgL’histoire sans la raconter. Ces gars là sont de vrais résistants. Des résistants au froid, à la solitude, à la nourriture avariée, à la fatigue, au désespoir… Cela dit, ils étaient prévenus à l’avance : « Cherche hommes pour voyage incertain. Petits gages, froid rigoureux, longs mois de nuit complète, dangers permanents, retour incertain. Honneur et reconnaissance en cas de succès ». Le texte de l’annonce était clair, mais en s’embarquant sur « L’endurance » pour la traversée de l’Antarctique en 1914, ils ne se doutaient pas que cela durerait aussi longtemps.

On en pense quoi ? Passionnant, intéressant, utile. Pour comprendre le cœur et la tête des hommes.

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C’est pour qui ? Les aventuriers, les vrais, et ceux du canapé, par procuration.

Casting. Auteurs : Bertho & Boidin. Editeur : Delcourt (coll. Mirages). Infos www.editions-delcourt.fr/ Prix : 17,50 euros.

04/03/2009

Necromancy Tome 2 - Jack Manini

necro.jpgL’histoire sans la raconter. Même en voulant la raconter l’histoire, ce serait peine perdue. Disons qu’un homme riche évoluant dans le crime organisé se met à enquêter sur les activités un peu bizarres de son fils, très porté sur les cadavres, les momies, les sépultures L’homme en question ne sait pas trop il va ni où le vent le mène, mais ce qui est sûr c’est que cela se passe assez mal, à tous points de vue.

On en pense quoi ? Soyons sympathiques : c’est un peu dur à comprendre. A force d’osciller entre les genres (policier, fantastique, récit historique), on finit complètement perdu. Dommage.

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C’est pour qui ? Les amateurs du genre, il doit bien en avoir quelques uns.

Casting. Auteurs : Nury et Manini. Editeur : Dargaud. Infos : www.dargaud.fr Prix : 13,50 euros.

02/03/2009

Noir

noir.jpgL’histoire sans la raconter. Un soir de réveillon en France en 2016. Un soir de réveillon en France en 2047. Entre 2009 et 2016, la violence urbaine a fait des bonds et la répression policière est à la hauteur. Trente et un ans plus tard, c’est encore pire, les choses ont franchement dégénéré. Voilà, c’est l’histoire d’une brutale accélération des tensions sociales et raciales. L’auteur entend prédire l’avenir, à moins que ce ne soit un scénario fiction.

On en pense quoi ? Certes cela fait froid dans le dos, certes le pire est toujours possible, mais l’on n’est pas obligé d’adhérer à la thèse, loin s’en faut.

C’est pour qui ? Les pessimistes viscéraux, car les optimistes n’y trouveront pas une miette d’espoir.

Casting. Auteur : Baru. Editeur : Casterman. Prix : 14 euros. Infos : www.casterman.com

 

 
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